Du 26 janvier au 1er février 2026, l’actualité nationale a été rythmée par une série de décisions majeures, d’annonces structurantes et d’initiatives stratégiques. Gouvernance, sécurité, infrastructures, économie, justice, santé et culture : retour sur une semaine dense pour le Burkina Faso.Â
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Réformes politiques et nouvelles orientations nationales
Moment clé de la semaine, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a présenté la situation de la Nation devant l’Assemblée législative de Transition (ALT). Une adresse attendue, dans un contexte de profondes mutations institutionnelles.
Dans la foulée, le Conseil des ministres a adopté des décisions majeures, notamment la dissolution de tous les partis et formations politiques sur l’ensemble du territoire national. Parallèlement, un nouveau référentiel national de développement, dénommé Plan RELANCE, a été adopté. Il vise à redéfinir les priorités économiques et sociales du Burkina Faso conformément à la vision de la Révolution progressiste populaire.
Économie et gouvernance : cap sur la souveraineté endogène
Sur le plan économique, l’État burkinabè renforce son contrôle stratégique. Air Burkina est désormais une société d’État, après le rachat total des parts privées pour un franc symbolique. Cette décision s’inscrit dans un vaste processus de restructuration de la compagnie aérienne nationale, confrontée depuis plusieurs années à de lourdes difficultés financières et opérationnelles.
Autre réforme notable : la création de l’Agence de gestion du péage (AGP). Cette nouvelle structure aura pour mission de professionnaliser la gestion, l’exploitation et le recouvrement des recettes de péage, tout en garantissant la continuité et la qualité du service public.
Dans le même esprit de mobilisation nationale, l’initiative présidentielle Faso Mêbo continue de susciter l’adhésion populaire. Au 30 janvier 2026, plus de 219 millions de FCFA ont été mobilisés grâce aux contributions citoyennes, traduisant un fort engagement en faveur du financement endogène du développement.
Infrastructures, eau et mobilité : L’État accélère
La semaine a également été marquée par le lancement de la campagne nationale de réhabilitation et de confortation de 100 barrages, répartis dans 12 régions du pays. Le coup d’envoi des travaux a été donné à Gonsé, dans la commune de Koubri, avec pour objectif de renforcer la mobilisation des ressources en eau.
En matière de mobilité urbaine, le Premier ministre a procédé à la remise d’un nouveau lot de 375 bus à la SOTRACO, dans le cadre d’un partenariat entre l’État burkinabè et Vista Bank Burkina. Ce projet, estimé à 44,865 milliards de FCFA, vise à améliorer le transport des élèves, étudiants et populations urbaines.
Dans une vision à plus long terme, le gouvernement a annoncé le lancement d’études de préfaisabilité pour l’implantation d’un métro à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, un projet ambitieux destiné à désengorger les grandes agglomérations et moderniser la mobilité urbaine.
Sécurité et géopolitique : L’AES en front commun
Sur le plan sécuritaire, la Confédération des États du Sahel (AES) a condamné avec fermeté l’attaque survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 à Niamey, visant notamment la base aérienne 101 et l’aéroport international Diori Hamani. L’agression, qualifiée de barbare et préméditée, a mis en danger des populations civiles.
Le Général Abdourahamane Tiani, président du Niger, a salué la promptitude des Forces de défense et de sécurité ainsi que l’appui du partenaire russe, tout en dénonçant les ingérences étrangères et en réaffirmant la souveraineté de son pays.
Dans le même temps, l’AES renforce son dispositif informationnel. Réunis à Ouagadougou, les experts des médias du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont signé une convention de coopération, visant à promouvoir des contenus endogènes et à bâtir un nouvel écosystème médiatique ancré dans les réalités sahéliennes.
Justice, régulation et lutte contre les dérives
Sur le front judiciaire, le procès relatif à l’assassinat de Viviane Yolande Compaoré, ancienne ministre des Transports, ouvert devant le TGI Ouaga II, a été renvoyé au 20 février 2026.
Par ailleurs, la Brigade Laabal intensifie la lutte contre les circuits clandestins de gaz butane, mettant en garde contre toute pratique spéculative. Dans le même registre, le gouvernement annonce un durcissement de la lutte contre la corruption en 2026, après une année 2025 consacrée à la sensibilisation.
Santé et social : Renforcer les services essentiels
L’Initiative présidentielle pour la santé (IPS) a procédé à une remise d’équipements médicaux d’une valeur de 300 millions de FCFA au CHU Yalgado Ouédraogo. Plusieurs services, dont la chirurgie, la cardiologie, l’imagerie et la pédiatrie, ont vu leurs plateaux techniques renforcés, contribuant à la marche vers la souveraineté sanitaire.
À l’approche de la Journée internationale de la femme, le Burkina Faso a également dévoilé les pagnes officiels du 8 mars 2026, mettant à l’honneur le Faso Dan Fani et le Koko Dunda, symboles du textile local.
Culture : WAABO, un appel à la jeunesse burkinabè
Sur le plan culturel, Ouagadougou a accueilli le lancement officiel de la deuxième édition du Festival WAABO, le samedi 31 janvier 2026. « Waabo », qui signifie « Viens » en mooré, se veut un cadre de rassemblement de la jeunesse autour des valeurs endogènes.
Cette édition met l’accent sur la valorisation de la culture burkinabè et des expressions contemporaines à travers expositions, soirées culturelles et panels thématiques, confirmant la place de la culture comme levier de cohésion et d’identité nationale.
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Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24
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