Avec 1 578 milliards de francs CFA recouvrés sur 1 574 milliards attendus, la Direction générale des impôts réalise en 2025, une performance au-delà des objectifs. Un résultat qui illustre une progression de la mobilisation des ressources internes, dans un contexte national pourtant exigeant.
Pour l’exercice budgétaire 2025, la Direction générale des impôts (DGI) était attendue sur une prévision de 1 574 milliards de francs CFA de recettes fiscales destinées au budget de l’État. À la clôture de l’année, le montant effectivement recouvré s’établit à 1 578 milliards de francs CFA, soit un dépassement de près de 4 milliards et un taux de réalisation de 100,23%.
Dans un environnement national marqué par l’insécurité persistante, le ralentissement de certaines activités économiques et une pression sociale, cette performance revêt une portée particulière. Elle traduit la capacité de l’administration fiscale à tenir ses engagements et à sécuriser les ressources indispensables au fonctionnement régulier de l’État.
Une administration fiscale en constante amélioration
Ce résultat est le reflet d’une amélioration progressive de l’efficacité de la DGI, tant sur le plan organisationnel qu’opérationnel. Au moment où se dressait le bilan de l’année fiscale 2024, l’institution a salué une mobilisation remarquable des recettes, obtenue malgré de multiples contraintes et défis. La DGI avait enregistré en cette période un recouvrement de 1 293 milliards de francs CFA pour le budget de l’État, sur 1 280 milliards attendus, confirmant une dynamique ascendante dans la mobilisation des ressources fiscales.
Réformes, innovations et élargissement de l’assiette fiscale
Cette performance repose sur plusieurs leviers structurants dont le renforcement des mécanismes de contrôle, l’optimisation du suivi des contribuables et l’élargissement de l’assiette fiscale, notamment à travers l’application de la Taxe sur les véhicules à moteur (TVM).
À cela s’ajoute la poursuite de la digitalisation des procédures fiscales, qui a significativement contribué à améliorer le rendement du recouvrement. En effet, le lancement officiel de la facturation électronique, le mardi 6 janvier 2026 à Ouagadougou, s’inscrit dans cette dynamique de modernisation. Cette réforme vise à faire évoluer progressivement la facture papier normalisée depuis 2017 vers une facture électronique sécurisée, plus fiable et mieux traçable.
Bien avant cette innovation, la plateforme Faso Arzeka avait déjà été mise en service pour faciliter les paiements au profit de l’administration centrale, des collectivités territoriales, des établissements publics de l’État et des sociétés d’État.
Une fiscalité au cœur du financement de l’État
Il faut noter que les recettes fiscales proviennent en grande partie de l’impôt prélevé chaque année sur les bénéfices réalisés par les entreprises et les acteurs économiques. Cela concerne aussi bien les activités industrielles, commerciales et artisanales, que les secteurs agricole, piscicole, pastoral et forestier. Les sociétés minières, titulaires de titres d’exploitation, sont également soumises à cet impôt sur les bénéfices qu’elles réalisent.
Derrière ces chiffres se trouve également l’engagement constant des agents des impôts, appelés à travailler dans un contexte exigeant où la rigueur professionnelle, l’éthique et le sens du service public sont plus que jamais sollicités.
Un levier stratégique pour la souveraineté budgétaire
La performance réalisée en 2025 conforte la mobilisation des ressources endogènes, pilier central de la souveraineté budgétaire du Burkina Faso. En dépassant ses prévisions, l’État renforce sa capacité à financer ses priorités nationales sans dépendre excessivement de l’aide extérieure. Ces ressources supplémentaires, même modestes en valeur relative, constituent un appui essentiel pour le financement de secteurs stratégiques tels que la sécurité, l’éducation, la santé ou encore les infrastructures, dans un contexte où chaque franc mobilisé compte.
Un signal adressé aux partenaires
Au-delà du cadre national, ces résultats envoient un message de crédibilité aux partenaires techniques et financiers. Ils témoignent de la capacité du Burkina Faso à améliorer la gouvernance fiscale, à respecter ses prévisions budgétaires et à renforcer la discipline financière de l’État. Un atout non négligeable dans les discussions relatives au financement du développement, à l’appui budgétaire et aux réformes structurelles.
Voir aussi : https://youtu.be/7bS4ZDLsTrk
Un acquis à consolider, un devoir citoyen à renforcer
Si la performance de 2025 mérite d’être saluée, elle appelle néanmoins à la vigilance. Le défi des années à venir sera de pérenniser cette dynamique et soutenir la relance économique, tout en veillant à ne pas alourdir excessivement la pression fiscale sur des acteurs économiques déjà fragilisés.
Au-delà de l’action de l’administration fiscale, cette réussite rappelle une vérité fondamentale. Le paiement des impôts n’est pas une contrainte vaine, mais un acte citoyen déterminant. Chaque impôt payé contribue directement à construire des écoles, soigner les populations, renforcer la sécurité et développer les infrastructures. En ce sens, la mobilisation fiscale n’est pas seulement une affaire de chiffres, mais un levier collectif de développement, de solidarité nationale et de souveraineté pour le Burkina Faso.
En somme, avec un taux de réalisation supérieur à 100%, la Direction générale des impôts s’impose en 2025 comme un acteur clé de la résilience financière de l’État burkinabè, démontrant que, même dans l’adversité, une gouvernance fiscale rigoureuse peut produire des résultats tangibles.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
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