La Direction générale du trésor et de la comptabilité publique du Burkina, en collaboration avec la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), organise, ce jeudi 5 février 2026 à Bobo-Dioulasso, un atelier de sensibilisation des opérateurs économiques sur leurs obligations en matière de commerce extérieur hors UEMOA. Cette rencontre d’échanges vise à renforcer la compréhension et l’application des dispositions réglementaires encadrant les relations financières extérieures, notamment celles liées au rapatriement des recettes d’exportation.
Au cours de cet atelier qui réunit divers acteurs du monde économique de la région du Guiriko, plusieurs communications sont inscrites au programme. Elles portent notamment sur les stratégies de couverture des risques de change et de prix dans les opérations de commerce international, les procédures de domiciliation des exportations et d’encaissement des recettes, les procédures administratives non douanières et douanières, ainsi que la présentation de la plateforme SYLVIE version 2.
Malgré les efforts déjà consentis par les autorités sur le terrain, des insuffisances persistent en matière de rapatriement des recettes d’exportation, tant à l’échelle nationale qu’au niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Selon les statistiques livrées lors de la cérémonie d’ouverture des travaux, il ressort ainsi, qu’à titre illustratif, le niveau du rapatriement des recettes d’exportation au Burkina Faso est passé de 99,7 milliards de francs CFA en 2013 à 540,993 milliards de francs CFA en 2025, soit une hausse de plus de 441 milliards de francs CFA.
Les participants présents à l’atelier de sensibilisation à Bobo-Dioulasso
Par ailleurs, le taux de rapatriement des exportations a connu une progression significative, passant de 14% en 2012 à 83,9% à fin décembre 2025, soit une amélioration notable de près de 70 points. Toutefois, les montants non rapatriés restent élevés et constituent une source majeure de préoccupations en raison de leurs impacts sur les réserves de change de l’union et sur la liquidité du secteur bancaire. Ces chiffres, selon les données, rappellent surtout la nécessité d’approfondir la réflexion et d’accorder les points de vue sur une meilleure application des dispositions à la matière.
Représentant le président du Comité chargé du suivi du rapatriement des recettes d’exportation (CSRE), Aïssa Bougma/Porgo, chef de service change et transfert à la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique, a souligné l’importance stratégique de cette activité. Selon elle, cet atelier répond à un besoin crucial d’amélioration de l’appropriation des règles régissant les relations financières extérieures. « Le sujet qui nous réunit ce matin est d’une importance capitale, dans la mesure où il vise une meilleure appropriation de la réglementation des relations financières extérieures, notamment en ce qui concerne les règles, les procédures et les obligations à respecter dans la conduite des activités économiques et financières avec le reste du monde », a-t-elle indiqué.
Aïssa Bougma/Porgo, chef de service change et transfert à la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique
Informer, clarifier et renforcer la conformité
Pour les initiateurs de l’atelier, l’objectif principal est d’accompagner les opérateurs économiques dans la compréhension de leurs obligations, notamment en matière de domiciliation des exportations, d’encaissement et de rapatriement des recettes issues du commerce international. « À travers cet atelier, nous comptons sensibiliser les opérateurs économiques sur leurs obligations en matière de commerce international et rappeler également les sanctions prévues par les textes réglementaires afin qu’ils prennent les dispositions nécessaires pour se conformer », a précisé Aïssa Bougma/Porgo.
Elle a relevé que la principale difficulté observée chez certains exportateurs demeure la méconnaissance des textes encadrant le commerce international, notamment le règlement n°06 relatif aux relations financières extérieures, ainsi que les instructions complémentaires. D’autres opérateurs évoquent également des difficultés pratiques dans la mise en œuvre de certaines dispositions réglementaires.
Le 5e vice-président de la délégation spéciale consulaire de la région du Guiriko, Nassirou Abdoul Maïga, a salué la mobilisation des partenaires institutionnels et des opérateurs économiques
Face à ces défis, les membres du CSRE, composés notamment du Trésor public, de la BCEAO, de la Chambre de commerce, du Guichet unique du commerce, de la Direction générale des douanes, de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers et du Conseil national du patronat burkinabè, ont mené des actions de terrain pour accompagner et conseiller les acteurs économiques.
Un cadre d’échanges pour lever les incompréhensions
Intervenant au nom du président de la délégation spéciale consulaire de la région du Guiriko, le 5e vice-président Nassirou Abdoul Maïga a salué la mobilisation des partenaires institutionnels et des opérateurs économiques. Selon lui, la thématique du rapatriement des recettes d’exportation revêt une importance stratégique pour la stabilité macroéconomique et la performance globale de l’économie nationale. « Dans un contexte marqué par des exigences accrues de conformité, de transparence et de traçabilité des flux financiers, il apparaît indispensable que les acteurs économiques disposent d’une information claire, fiable et actualisée sur leurs obligations, leurs droits et leurs responsabilités », a-t-il déclaré.
La photo de famille à l’issue de la cérémonie d’ouverture des travaux
Il a ajouté également que cet atelier constitue un cadre privilégié d’information et de partage d’expériences, permettant de lever certaines incompréhensions et de renforcer la collaboration entre le secteur privé et les structures de régulation. Au-delà des aspects techniques, il a insisté sur la nécessité d’adapter le langage des experts afin de le rendre accessible aux opérateurs économiques. Ces derniers ont exprimé leur souhait de bénéficier d’explications claires et pratiques pour mieux comprendre les attentes des autorités et faciliter leur mise en conformité.
Par ailleurs, il a exhorté les participants à être attentifs aux recommandations formulées au cours de l’atelier. Car il estime que l’amélioration du rapatriement des recettes d’exportation constitue un enjeu majeur pour le renforcement de l’économie nationale et la consolidation des réserves de change de l’Union.
Romuald Dofini
Lefaso.net
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