7:29 pm - 15 janvier, 2026

La lutte contre les trafics illicites, loin de se réduire à une succession d’interpellations spectaculaires, constitue aujourd’hui l’une des expressions les plus concrètes de la souveraineté économique, environnementale et sanitaire de l’Etat. A travers trois opérations récentes à l’Est, au Centre et dans le Centre-Ouest, les unités douanières ont rappelé, avec une rigueur méthodique, que le territoire national n’est ni un corridor de complaisance, ni un laboratoire d’expérimentation pour les réseaux clandestins.

Dans le Centre-Ouest, la brigade mobile de Koudougou a conduit une opération d’une ampleur significative, révélatrice de la profondeur des mutations du commerce illicite. Le ratissage a permis la saisie de 1000 cartouches de cigarettes, 72 boites d’herbicides non conventionnels ainsi que 33 sacs de détergent. Au-delà des chiffres, c’est la nature même des produits qui interpelle : tabac de contrebande échappant aux droits et taxes surtout le Fonds de soutien patriotique, intrants chimiques non homologués susceptibles d’affecter les sols, les cultures et la santé humaine, et produits détergents dont la traçabilité reste incertaine. Une même logique traverse ces catégories : l’économie grise prospère en contournant les normes fiscales, sanitaires et environnementales qui structurent le vivre-ensemble.

Plus à l’Est, sur les marges frontalières, l’alerte s’est portée sur le circuit des huiles alimentaires. Un minibus en pleine brousse, chargé de bidons d’huile alimentaire a été intercepté par une escouade de la Direction de la surveillance du territoire(DST). L’ensemble de la cargaison était dépourvu de tout titre régulier d’importation. Ici encore, l’enjeu excède la seule infraction douanière : il touche à la sécurité du consommateur, à la transparence des chaînes d’approvisionnement et, plus largement, à la loyauté des échanges commerciaux. L’huile alimentaire, produit de consommation courante, ne saurait être l’objet d’une circulation clandestine où la qualité, l’origine et la conformité aux normes échappent à tout contrôle.

A ces deux opérations s’ajoute une troisième, tout aussi déterminante par ses implications environnementales : l’Unité mobile d’intervention (UMI) a procédé, sur l’axe Ouaga-Léo, à la saisie de plus de 20 tonnes de sachets plastiques prohibés. Cette cargaison massive, destinée à une mise en circulation illégale, menace directement les écosystèmes, les sols, les cours d’eau et la santé des populations. En neutralisant ce flux, la Douane ne protège pas seulement l’économie formelle ; elle défend aussi le droit des générations futures à un environnement viable et sain.

Ces trois opérations, en apparence différentes par leurs objets et leurs théâtres d’intervention, participent d’une même architecture stratégique : le maillage du territoire, l’anticipation de la fraude et la neutralisation des risques. Les unités engagées: Brigades mobiles, DST et UMI ont démontré une complémentarité opérationnelle fondée sur le renseignement, la mobilité et la capacité d’intervention en zones difficiles d’accès. En cela, elles s’inscrivent dans la modernisation des pratiques douanières, où la douane n’est plus seulement un guichet fiscal, mais un acteur central de la protection du marché intérieur, de la santé publique, de la sécurité et de l’environnement.

Dans un message d’orientation, le directeur général des douanes, l’inspecteur divisionnaire, Yves Kafando, a salué la détermination des agents tout en appelant à la vigilance collective. Il a rappelé que la douane ne saurait agir seule : la dénonciation citoyenne, la responsabilité des opérateurs économiques et le respect des normes constituent les premiers remparts contre la fraude. Il a invité les populations à refuser les circuits parallèles et à privilegier les filières régulières, gage de sécurité, de qualité et de justice fiscale. Pour le directeur général, la protection du pays commence par le respect de la règle et la confiance dans les institutions.

Il convient également de souligner la portée pédagogique de ces saisies. Elles rappellent aux opérateurs économiques que la facilitation des échanges à laquelle la Douane contribue par des réformes structurelles, ne saurait être confondue avec la permissivité.
La fluidité commerciale n’exclut pas la discipline ; elle la présuppose. S’affranchir des règles, c’est fragiliser la concurrence loyale, mettre en péril les finances publiques et exposer les populations à des produits dont la dangerosité peut être silencieuse mais réelle.
Ainsi, de la brousse frontalière de l’Est aux corridors du Centre-Ouest, en passant par le Centre, une même idée s’impose : l’Etat garde le territoire et la Douane en est l’un des visages les plus concrets.

Par des actes parfois discrets, souvent exigeants, toujours décisifs, elle oppose une fin de non recevoir aux économies souterraines et réaffirme la primauté du droit. A travers ces saisies, ce n’est pas seulement une marchandise qui est retenue : c’est une certaine idée de l’ordre public, de la responsabilité économique, de la protection de l’environnement et de la sécurité des citoyens qui est, une fois encore, défendue.

 

La Douane : Honneur-Dévouement-Vigilance
SCRP-DGD

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Sidwaya est un quotidien national du Burkina Faso. Ancien journal étatique, il est aujourd'hui considéré comme un journal de référence par la population Burkinabè. Le journal Sidwaya est distribué principalement sur Ouagadougou la capitale, mais également dans les chefs-lieux des différentes régions du Burkina Faso.

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