7:47 pm - 15 janvier, 2026

Comme chaque année entre décembre et janvier, les ménages de Ouagadougou font face à des difficultés pour recharger leurs bouteilles de gaz, particulièrement celles de la société Sodigaz. Malgré le caractère prévisible de cette période de forte consommation, l’approvisionnement reste insuffisant, plongeant les populations dans des difficultés récurrentes et soulevant de nombreuses interrogations sur la gestion du gaz domestique.

La pénurie de gaz, observée de façon cyclique à la même période, s’impose désormais comme un phénomène presque banal. Pourtant, derrière cette apparente routine se cache une réalité préoccupante pour des milliers de ménages qui dépendent du gaz butane pour la cuisson quotidienne. Depuis le mois de décembre, les points de vente de la capitale sont pris d’assaut, les files d’attente s’allongent et, dans certains quartiers, la bouteille devient tout simplement introuvable.

Cette situation, loin d’être exceptionnelle, se reproduit avec une régularité qui interroge sur l’anticipation et la gestion de l’approvisionnement en gaz domestique, particulièrement en période de forte demande. Les fêtes de fin d’année, combinées à l’harmattan, entraînent une consommation accrue du gaz, une hausse pourtant largement prévisible. Mais, année après année, les mêmes causes semblent produire les mêmes effets : insuffisance de stocks, distribution déséquilibrée et parfois spéculation autour du produit.

Pour les ménages, notamment les plus modestes, cette pénurie se traduit par des dépenses supplémentaires et le recours au charbon ou au bois de chauffe, avec des conséquences économiques, sanitaires et environnementales non négligeables. La pression sur les ménages accentue le mécontentement et renforce le sentiment d’abandon face à un problème devenu récurrent.

Du côté de Sodigaz (60% de part de marché), le chargé de communication de Sodigaz Noraogo Sawadogo, Joint au téléphone apporte des explications à cette situation. Selon lui, la pénurie actuelle est d’ordre général et s’explique principalement par un manque de bouteilles vides nécessaires au ravitaillement. « Le problème que nous rencontrons actuellement concerne surtout l’indisponibilité des bouteilles vides, qui sont majoritairement stockées dans les ménages », explique-t-il. Cette situation limite la capacité de la société à effectuer le remplissage et à assurer un approvisionnement régulier du marché.

Le responsable de la communication rassure cependant les consommateurs. Il affirme que des dispositions ont été prises pour faire face à la situation et que des solutions sont en cours de mise en œuvre. « Nous travaillons activement à résoudre ce problème et, dans les jours à venir, la situation devrait progressivement se normaliser », assure-t-il.

Au-delà de ces explications, la pénurie soulève la question plus large de la sécurité énergétique domestique. Dans une capitale en pleine croissance démographique comme Ouagadougou, garantir un accès régulier et équitable au gaz butane demeure un enjeu majeur. Cela nécessite une meilleure planification saisonnière, le renforcement des stocks stratégiques, une communication plus proactive avec les consommateurs et un contrôle rigoureux pour limiter les pratiques spéculatives.

En définitive, la pénurie de gaz entre décembre et janvier ne devrait plus être perçue comme une fatalité. Elle appelle des réponses structurelles et durables afin d’éviter que chaque fin d’année ne rime, pour les populations, avec incertitude et difficultés supplémentaires dans leur quotidien.

Rama Diallo

Lefaso.net

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