Dans le cadre de la session de jugement du pôle Economique et financier (ECO-FI) débutée le 20 janvier 2026, l’affaire Camille Yé avait été enrôlée pour être jugée les 9 et 10 février 2026. À l’audience de ce jour, lundi 9 février 2026, c’est une salle d’audience moins peuplée que d’habitude que nous avons trouvée. Bon nombre d’avocats constitués dans le dossier sont à Koupéla, dans le cadre du jugement de l’affaire impliquant des magistrats et des douaniers. Le dossier a été renvoyé au 23 février 2026.
Le dossier Camille Yé, enrôlé pourtant pour être jugé, a été renvoyé. Première raison : le jugement en cours de l’affaire de corruption impliquant des magistrats et des douaniers à Koupéla. « Nous avions prévu de finir là -bas le samedi. Mais, pour des raisons indépendantes de la volonté de toutes les parties, l’affaire n’est pas encore close. Pourtant, bon nombre de conseils constitués dans ce dossier sont aussi constitués dans le dossier de Koupèla », a laissé entendre Me Adama Kondombo.
« Je suis constitué auprès de trois prévenus dans le dossier à Koupéla », Me Adama Kondombo
Autre raison : l’un des prévenus dans le cadre de cette affaire, Ismaël Ouédraogo, serait souffrant. Les pièces attestant de cela ont été produites par son conseil, pour demander aussi le renvoi. Une situation à laquelle la partie civile ne trouve pas d’inconvénient. « Autant nous sommes fermes sur le fait qu’il faut réprimer sans la moindre réserve la question de la corruption, autant nous réaffirmons le droit de tous les citoyens à ce que leurs droits fondamentaux soient respectés », a laissé entendre Me Prosper Farama.
« Nous remercions la presse pour l’intérêt porté à la session de jugement des dossiers ECO-FI », Blaise Bazié

« Dans l’application du principe du respect des droits de la défense, qui veut que les prévenus aient droit à leurs avocats, nous, nous pensons que la procédure doit être respectée. Nous avons estimé qu’il convient donc que l’affaire soit renvoyée, afin que tout le monde soit là , et que nous luttions à armes égales, ceci pour la vérité dans cette affaire », a poursuivi Me Farama, lui aussi constitué dans l’affaire de corruption impliquant des magistrats et des douaniers à Koupéla.
« L’essentiel pour nous, c’est que tout soit fait pour que ce processus soit dans les bonnes conditions », Me Prosper Farama

Rappelons que la session de jugement des dossiers du pôle ECO-FI prend fin le mardi 10 février 2026. La date du 23 février 2026 prévue pour cette affaire se situe hors délai de la session. « Pour avoir une audience continue, il va falloir que le ministère public, en collaboration avec le président du tribunal, puisse organiser une session spéciale pour permettre de retenir ce dossier », a souligné le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga 1, Djakaridja Ouattara.
« Nous sommes tous dans une dynamique de pouvoir faire juger ce dossier rapidement », Djakaridja Ouattara

Erwan Compaoré
Lefaso.net
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