La Société industrielle de l’agroalimentaire pour la transformation des oléagineux (SIATOL) a procédé, ce vendredi 27 février 2026, à l’inauguration officielle de son complexe industriel implanté dans la zone industrielle de Kossodo, à Ouagadougou.
Créée en 2010, SIATOL a démarré ses activités de transformation en 2011 dans des conditions modestes, avec des équipements de seconde main et une capacité limitée. Malgré ces débuts contraignants, l’entreprise est parvenue à transformer plus de 5 000 tonnes de soja entre 2013 et 2017, en mettant sur le marché burkinabè de l’huile raffinée et du tourteau de soja. Aujourd’hui, l’unité fonctionne à près de 70 % de ses capacités.
D’un coût global estimé à 2 milliards de francs CFA, le nouveau complexe est doté d’équipements de pointe. Il affiche une capacité journalière de 100 tonnes d’aliments pour animaux, soit environ 30 000 tonnes par an, 40 tonnes de trituration de graines de soja par jour (12 000 tonnes par an) et 10 tonnes de raffinage d’huile par jour (3 000 tonnes par an). L’unité produit de l’huile de soja raffinée commercialisée sous la marque SIATOL ainsi que du tourteau utilisé dans la fabrication d’aliments complets pour volailles et bétail.
Pour les cinq prochaines années, l’entreprise ambitionne d’atteindre un chiffre d’affaires cumulé de 50 milliards de francs CFA selon le directeur général, Marcel Ouédraogo
Selon le directeur général et promoteur, Marcel Ouédraogo, l’entreprise est née d’une vision claire qui est de contribuer activement à la souveraineté alimentaire du Burkina Faso par la valorisation des ressources locales. Le choix du soja, explique-t-il, repose sur sa forte teneur en huile et en protéines. L’huile issue de cette graine, riche en acides gras essentiels, en oméga 3 et 6 et en vitamine E, répond aux besoins de consommation humaine, tandis que le tourteau constitue un intrant de base dans la production d’aliments pour poules pondeuses, poulets de chair et bétail.
« Il convient de rappeler que le choix du soja par SIATOL comme matière première principale à valoriser n’est pas anodin. Cette graine oléagineuse contient en moyenne 20% d’huile riche en acides gras essentiels, en oméga 3 et 6, en vitamine E et enrichie en vitamine A, lors du processus de raffinage. Vendue aujourd’hui sous la marque SIATOL, cette huile de soja 100% made in Burkina Faso se retrouve dans les rayons des alimentations et autres super marché de la place », a-t-il souligné.
En intégrant également la transformation et la fabrication d’aliments complets à base de maïs, de son de blé et de compléments vitaminiques, SIATOL entend créer davantage de valeur ajoutée et renforcer l’autonomie du pays en intrants d’élevage.
L’unité produit de l’huile de soja raffinée commercialisée sous la marque SIATOL

Sur le plan socio-économique, l’entreprise emploie 145 travailleurs permanents, en plus de nombreux saisonniers. Elle a établi des contrats agricoles avec plus de 3 000 petits producteurs, notamment dans la province de la Sissili. Son réseau de plus de 60 points de revente génère directement plus d’une centaine d’emplois supplémentaires, tandis que des milliers d’éleveurs à travers le pays utilisent quotidiennement ses aliments.
Le promoteur de SIATOL a indiqué que la réalisation de ce projet a bénéficié de l’accompagnement de l’État burkinabè, notamment à travers la mise à disposition d’un terrain de 3 520 m² en zone industrielle, l’agrément au code des investissements et des appuis financiers issus de dispositifs publics. Des partenaires financiers privés tels que Ecobank Burkina Faso, Coris International et Néré capital ont également contribué au financement et à l’accompagnement stratégique du projet.
le nouveau complexe a un coût global estimé à environ 2 milliards de francs CFA

Présent à la cérémonie, le directeur général de Néré Capital, Job Zongo, a salué la résilience et la vision du promoteur. Il a indiqué que son institution a apporté un financement ainsi qu’un appui en gouvernance et en structuration, afin de permettre à l’entreprise de franchir ce cap. Selon lui, SIATOL s’impose désormais comme une référence nationale dans la transformation du soja et pourrait, à terme, rayonner à l’échelle sous-régionale.
Pour les cinq prochaines années, l’entreprise ambitionne d’atteindre un chiffre d’affaires cumulé de 50 milliards de francs CFA. Elle prévoit la construction, d’ici fin 2026, d’une deuxième unité de production d’aliments pour volailles et bétail d’une capacité de 200 tonnes par jour, ainsi que l’installation d’une nouvelle ligne de trituration de 40 tonnes par jour.
Hanifa Koussoubé
Crédit photo : Bonaventure Paré
Lefaso.net
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