Dans la matinée de ce vendredi 27 février 2026, la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), en collaboration avec l’Ordre national des comptables agréés du Burkina Faso (ONECCA-BF), a tenu la deuxième édition de la conférence nationale annuelle sur la gestion des finances publiques. « Responsabilité budgétaire, transparence et participation : vers une gouvernance publique inclusive » est le thème retenu pour cette édition.
Rassemblant divers experts du domaine des finances, la conférence a pour objectif principal le dialogue, l’analyse, la formation et l’évaluation citoyenne sur la gestion financière. De manière spécifique, cette conférence publique vise à atteindre la vulgarisation des processus de programmation, d’exécution à mi-parcours, la promotion de l’utilisation des outils régionaux mis en place ; le renforcement des capacités des parties prenantes ; la sensibilisation des citoyens sur leur rôle dans la surveillance budgétaire et l’identification des axes d’amélioration d’une gouvernance budgétaire plus excessive et plus efficace.
Selon Yacouba Traoré, président de l’Ordre national des experts-comptables et des comptables agréés du Burkina, cette deuxième édition se tient sur la base d’un constat. Selon lui, il ressort que lorsque la loi des finances est adoptée, la majorité des parties prenantes est plus préoccupée par les mesures fiscales.
Yacouba Traoré formule le vœu de démocratiser l’information sur les questions budgétaires au sortir de la conférence publique
« Nous constatons sur le terrain que lorsque la loi des finances est adoptée, beaucoup de parties prenantes s’intéressent plus aux questions fiscales, mais ignorent totalement les autres décisions qui sont prises à travers l’adoption de la loi des finances parce qu’il y a des décisions en rapport avec le budget de l’État. Notamment sur le mode de fonctionnement du pays, les activités stratégiques que l’État finance. Si cette information est connue, même le privé peut bien se positionner pour pouvoir exploiter les activités qui seront mises en œuvre par l’État », a-t-il fait savoir.
Yacouba Traoré confie également que cette session ambitionne de démocratiser l’information sur les questions budgétaires et économiques au profit de tous. Pour lui, cette conférence publique sera un cadre d’échanges permettant aux citoyens ordinaires et aux acteurs économiques et techniques de mieux comprendre les actions de l’État, toute chose concourant à éclairer davantage la population sur les choix budgétaires opérés ainsi que les priorités définies par l’État.
Photo de famille
« Une des ambitions de ce forum, c’est de permettre que les citoyens lambda, mais aussi les autres parties prenantes beaucoup plus techniques, comme les entreprises, puissent savoir ce que l’État est en train de faire, quelle est la redevabilité de l’État par rapport à ces questions, et dans quelle mesure nous pouvons tous participer à notre développement, en nous y intéressant, mais aussi en participant à la mise en œuvre », a-t-il poursuivi.
Pour permettre aux participants de bénéficier d’une meilleure compréhension sur les questions budgétaires, cinq panels meubleront cette conférence publique qui se tient en ligne et en présentiel. Il s’agit notamment de : « L’état des lieux de la gouvernance budgétaire et de la transparence, à la lumière des standards régionaux et internationaux, notamment ceux promus par l’international Fédération of Accountant et la Global Initiative for fiscal Transparency » ; « Le budget citoyen et la reddition des comptes afin de rapprocher l’État du citoyen et de favoriser une meilleure compréhension des documents budgétaires » ; « L’analyse de l’exécution budgétaire 2025, exercice essentiel pour apprécier la performance » ; « Le rôle des institutions de contrôle et de la profession comptable, piliers indispensables de la discipline financière et de la prévention des abus » ; « La construction d’un écosystème de littératie financière, pour ancrer durablement la culture budgétaire au sein de notre société ».
Martine Kouda, représentante du directeur de la Chambre de commerce, sur l’intérêt de la rencontre pour la chambre
Selon Martine Kouda, représentante du directeur général de la Chambre de commerce, la conférence publique a un intérêt pour l’institution et même pour le secteur privé car il s’agit d’un échange avec des panelistes très outillés sur ces questions de finances.
« Cela a un intérêt pour la Chambre de commerce, parce que, qui dit secteur privé, dit exactement avoir la redevabilité du gouvernement par rapport à toutes les actions que le gouvernement pose pour ce secteur-là. Et cela va aussi permettre au secteur privé de suivre ce qui se passe sur le plan national par rapport à toutes les dépenses budgétaires », a-t-elle laissé entendre.
Par ailleurs, dans son discours lu par sa représentante, le directeur de la Chambre de commerce invite l’ensemble des participants à partager leurs expériences, et à donner leurs avis sur ce thème qui soulève une question majeure dans le monde des affaires.
Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
Lire l’article original ici.
