La deuxième édition de « Bayiri teeb rēem-wakaté » s’est tenue dans la soirée du dimanche 1er mars 2026 à Bobo-Dioulasso. Placée sous le thème « Notre culture, c’est notre identité », cette rencontre culturelle et d’adoration a mis un point d’honneur à saluer l’engagement des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), engagés pour la reconquête du territoire national.
Après une première édition réussie en 2025, les promoteurs ont renouvelé l’initiative avec la même ferveur. Pensée comme un cadre de valorisation des instruments traditionnels dans les lieux de culte, cette soirée a été ainsi marquée par des prestations de troupes venues de divers horizons, des temps de prière pour la paix ainsi que des dons au profit des veuves et orphelins des FDS. Plusieurs pasteurs ont élevé la voix pour implorer la protection divine sur le Burkina Faso. Selon Théophile Tinto, représentant du comité d’organisation, l’objectif est de réhabiliter les instruments ancestraux souvent délaissés au profit d’équipements modernes.
Selon Théophile Tinto, représentant du comité d’organisation, l’objectif est de réhabiliter les instruments ancestraux souvent délaissés au profit d’équipements modernes
« Nous avons constaté que dans nos églises, nous utilisons beaucoup d’instruments modernes. En poussant la réflexion, nous avons compris que ces instruments, bien qu’appréciés, nous éloignent progressivement de nos propres sonorités », a-t-il expliqué. Selon lui, l’idée est née d’une volonté partagée de valoriser l’héritage culturel légué par les ancêtres. « Nous voulons retrouver les instruments que jouaient nos parents, nos ancêtres. C’est en cela que nous allons nous retrouver en tant que peuple », a-t-il insisté.
Le public fortement mobilisé pour la deuxième édition de « Bayiri teeb rēem-wakaté »

Pour les organisateurs, la culture constitue un socle d’unité nationale, au-delà des différences linguistiques et ethniques. Sur la scène, le balafon, le djembé, le lunga, les calebasses, la flûte traditionnelle, le gumbé et le warba ont rythmé les louanges, illustrant la richesse culturelle du pays et la diversité des ethnies représentées. Ainsi, chaque instrument a résonné comme un appel à la mémoire collective et à la cohésion sociale. A en croire le porte-parole du comité d’organisation, Théophile Tinto, la diversité des troupes invitées, venues de plusieurs localités, a donné un cachet particulier à la soirée.
La prestation d’une troupe de la communauté bwaba

Les organisateurs ont également tenu à faire place aux « troupes en herbe » et aux minorités culturelles, dans un souci d’inclusion et d’équité. Théophile Tinto a indiqué que cette édition se distingue par quelques innovations notamment une meilleure structuration des prestations. Il a aussi souligné un travail collégial marqué par des débats contradictoires, mais orienté vers un objectif commun : faire de « Bayiri teeb rēem-wakaté » un cadre de communion nationale.
« Au regard de l’engouement constaté, l’idée de transformer l’événement en véritable festival fait son chemin. Actuellement limitée à deux ou trois heures d’activités, la soirée laisse souvent le public sur sa faim. Nous envisageons ainsi d’élargir le format et, à terme, de décentraliser l’initiative vers d’autres régions du pays », a-t-il laissé entendre.
La séance de prière pour la paix et la sécurité au Burkina par les pasteurs

Magnifier la culture tout en renforçant la solidarité
L’événement a connu aussi la participation du lieutenant-colonel Lassané Porgo, commandant la deuxième région militaire de Bobo-Dioulasso. Dans son intervention, il a salué une initiative qui allie adoration, culture et patriotisme. « C’est une nuit d’hommage au Tout-Puissant, mais aussi une nuit d’hommage aux FDS et aux VDP. Au-delà de cela, c’est notre culture qui est magnifiée », a-t-il déclaré.
La remise d’une enveloppe financière de 150 000 FCFA à la cellule sociale des FDS de la deuxième région militaire

Pour l’officier supérieur, la crise sécuritaire que traverse le pays interpelle chaque citoyen sur la nécessité de se réapproprier son identité culturelle. « Si nous connaissons notre culture, il y a des choses que nous n’allons pas faire. Peut-être que la crise que nous vivons est aussi liée à une perte d’une partie de notre identité », a-t-il estimé. Il a rappelé que Dieu comprend toutes les langues et toutes les formes d’expression. « Dans n’importe quel instrument ou langue que nous utilisons, Dieu comprend. Nous sommes ici pour communier et prier pour la protection du pays et de tous ceux qui œuvrent pour la paix », a-t-il ajouté.
Le lieutenant-colonel Lassané Porgo, commandant la deuxième région militaire de Bobo-Dioulasso, a salué une initiative qui allie adoration, culture et patriotisme

Au cours de la soirée, la remise d’une enveloppe financière de 150 000 FCFA à la cellule sociale des FDS de la deuxième région militaire a été saluée par l’assistance. Cette cellule prend en charge les veuves et orphelins des soldats tombés au front. Ce geste est la contribution du comité d’organisation et l’ensemble des parrains de l’évènement. Par ailleurs, une séance de levée de fonds a été initiée pour soutenir les FDS. Pour le lieutenant-colonel Lassané Porgo, au-delà du montant, c’est l’acte de solidarité qui compte. Rappelant que « dans notre culture, la solidarité fait partie de notre identité ».
À travers « Bayiri teeb rēem-wakaté », les initiateurs entendent démontrer que culture, foi et engagement patriotique peuvent converger vers un même idéal : la paix et la cohésion sociale. Une ambition qui, au regard de l’enthousiasme suscité, semble déjà trouver un écho favorable auprès des populations burkinabè. La participation des civils et la forte mobilisation des FDS ont également marqué les esprits. Chants, danses et prières ont illustré une image d’unité et de collaboration entre les forces de sécurité et la population.
Romuald Dofini
Lefaso.net
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