Installation d’un comité d’experts chargé de la documentation des plaintes
Le ministre nigérien de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les institutions, Alio Daouda a officiellement mis en place, ce mercredi 4 février 2026 à Niamey, un Comité d’experts chargé de documenter les plaintes et contentieux opposant l’Etat du Niger à ORANO.
« Depuis l’avènement du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie au pouvoir le 26 juillet 2023, le Niger fait face à une hostilité sans précédent de la part de la France et de certains pays de la CEDEAO qui ont fait le choix de la belligérance pour faire échec à notre quête de souveraineté véritable n’hésitant pas à déployer toute leur ingénierie diplomatique et militaire pour faire plier l’Etat et ses institutions à travers diverses menaces, y compris le recours à des terroristes et à des mercenaires pour reprendre possession de nos ressources spoliées durant plusieurs décennies d’exploitation », a fait savoir le ministre Alio Daouda.
Cependant, a-t-il dit, cette posture « inique » adoptée par les adversaires et ennemis du Niger ne saurait prospérer au regard de sa détermination à faire bloc autour des décisions salutaires et courageuses prises par le CNSP consistant à bouter hors du pays les puissances exploitantes. « Les plus hautes autorités, avec à leur tête le général Abdourahamane Tiani, ont décidé de nationaliser l’exploitation de nos ressources minières, une décision qui, à tort ou à raison, a suscité plusieurs procédures du groupe Orano contre notre pays devant le Centre international de règlement des différends (CIRDI) pour revendiquer une soi-disant propriété minière sur les terres nigériennes en violation de la Résolution 1803 (XVII) de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 14 décembre 1962 consacrant le droit de souveraineté permanent des peuples et des nations sur leurs richesses et leurs ressources naturelles », a-t-il soutenu.
Orano, a renseigné le ministre de la Justice, réclame la propriété d’un bien appartenant au Niger, et assigne le Niger devant les instances juridictionnelles en oubliant que ces mêmes terres ont été souillées par les déchets occasionnés par l’exploitation, que des déchets toxiques ont été déversés à l’air libre mettant en danger durablement la santé des populations et l’écosystème de la zone d’exploitation.
Face à cette situation, a-t-il précisé, le Niger a décidé à son tour d’initier des procédures judiciaires contre Orano en s’entourant de toutes les précautions pour l’attraire devant les juridictions nationales et étrangères afin d’obtenir condamnation et réparation des préjudices subis, et c’est dans ce sens que nous avons pris l’arrêté n°0353/MJ/DH/GS/CRI/SG du 31 décembre 2025, portant création, composition et missions du comité d’experts chargé de documenter les plaintes et contentieux opposant l’Etat du Niger à Orano.
« Si victime il y a, c’est bien le Niger et son peuple »
Ce comité, note-t-on, a plusieurs missions dont le recueil de toutes les violations des règles relatives à l’environnement, à la santé et à la fiscalité, le recueil des données factuelles et chiffrées dans les domaines de la santé humaine et animale, de l’environnement et de l’économie, l’analyse desdites données et proposer des stratégies d’attaque et la construction des argumentaires juridiques pour attraire Orano devant n’importe quelles instances juridictionnelles et arbitrales nationales, régionales et internationales et défendre le Niger devant lesdites instances y compris même devant les juridictions françaises.
A cet effet, le choix porté sur les membres pour faire partie de ce comité n’est pas le fruit du hasard, foi du ministre Daouda. « Il répond à un besoin d’établissement des faits appuyés par des données incontestables pour prouver à la face du monde et à nos détracteurs en particulier, que si victime il y a, c’est bien le Niger et son peuple, soumis à une exploitation éhontée et à une mort programmée du fait d’une exploitation de ressources qui ne s’est guère embarrassée de l’être humain, de ses aspirations et du respect des règles de droit international qui leur impose des obligations bien encadrées », a expliqué Alio Daouda.
Toujours dans le cadre de sa mission, le ministre de la Justice a exhorté le comité à œuvrer à la quantification de tous les manques à gagner, à la production des données renseignant sur les conséquences sociales, économiques et environnementales de cette exploitation sauvage et à l’élaboration d’argumentaires qui serviront de bases solides à la défense du Niger devant les instances juridictionnelles et arbitrales et même de fondement à ses actions car « nous ne pouvons rester inactifs si nous voulons faire valoir nos droits contre Orano et ce, partout où besoin sera ».
Enfin, afin de faire émerger un Niger nouveau, véritablement indépendant et conscient de l’irréversibilité de sa nouvelle marche, le ministre chargé de la justice a invité les experts à s’approprier les missions évoquées, « car c’est de l’intérêt du Niger et de son peuple qu’il s’agit et de notre capacité à transformer les défis en opportunités ».
Agence nigérienne de presse
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