Devant l’Assemblée législative de transition, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présenté, le vendredi 30 janvier 2026, son exposé sur la situation de la nation. Un exercice constitutionnel au cours duquel le chef du gouvernement s’est longuement exprimé sur des sujets au cœur des préoccupations des Burkinabè, notamment la pénurie de gaz butane et la question foncière et du logement.
Abordant la pénurie de gaz butane constatée depuis le mois de décembre sur le marché national, le Premier ministre a apporté des explications. Selon lui, cette situation n’est pas liée à un manque réel de gaz, mais plutôt à des pratiques de stockage clandestin opérées par certains distributeurs, dans le but de créer artificiellement la rareté et de favoriser la spéculation.
À ces comportements s’ajoutent, a-t-il relevé, les stocks constitués par certaines familles, par crainte d’une rupture prolongée. « Cette situation entraîne une non-rotation des bouteilles dans les circuits de distribution et donc une baisse virtuelle des stocks d’emballages vides, surtout pour les volumes subventionnés », a expliqué Jean-Emmanuel Ouédraogo.
Pour remédier à cette situation, le chef du gouvernement a annoncé la mise en œuvre de contrôles intensifs sur l’ensemble de la chaîne de distribution du gaz butane. Ces contrôles visent à identifier et à sanctionner toute pratique de spéculation, de détournement ou de vente hors des circuits réglementaires.
Le Premier ministre a par ailleurs interpellé la responsabilité collective des citoyens. « Le gaz butane ne se vend pas dans l’arrière-cour. Les prix sont connus et officiels. Chaque fois que vous payez une bouteille au-delà des prix fixés, vous encouragez le circuit parallèle et la spéculation », a-t-il déclaré, appelant à un comportement citoyen pour préserver l’équilibre du système de distribution.
Lutte contre la spéculation et 1 000 logements annoncés
La question foncière et celle du logement ont également occupé une place centrale dans l’exposé du Premier ministre. Face à la flambée des coûts des matériaux et à la rareté des logements accessibles, le gouvernement prévoit la construction de 1 000 logements socio-économiques en 2026.
Bien qu’une loi sur le logement social existe depuis 2015, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a reconnu que des difficultés d’application ont nécessité une évaluation approfondie du dispositif. Cette démarche a conduit à plusieurs réformes, dont l’adoption, en novembre 2025, d’un décret fixant les conditions d’éligibilité aux logements sociaux. Le chef du gouvernement a surtout dénoncé la spéculation foncière, révélant qu’à Ouagadougou, près de la moitié des parcelles attribuées ne sont pas mises en valeur. « Ces parcelles, au lieu de concourir à l’urbanisation et à la production de logements, sont devenues des produits d’épargne. Ce n’est pas leur vocation », a-t-il souligné.
Pour y faire face, des contrôles sur la mise en valeur des parcelles sont en cours, avec des résultats jugés déjà satisfaisants. Le gouvernement entend également renforcer le cadre juridique, appliquer rigoureusement les nouvelles lois d’attribution des terres, supprimer les circuits parallèles et réduire l’intervention de tiers dans les procédures, afin de décourager les démarcheurs informels.
À travers cet exposé sur la situation de la nation, le Premier ministre a ainsi réaffirmé la détermination du gouvernement à répondre aux préoccupations immédiates des populations.
Rama Diallo
Lefaso.net
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