Dans le cadre de ses actions de prévention des accidents de la circulation, l’Office national de la sécurité routière (ONASER), en collaboration avec le commissariat de police du district de Niangoloko, a organisé, le dimanche 8 février 2026, une opération de sensibilisation et de contrôle axée sur le port du casque, la ceinture de sécurité et les comportements à risque en circulation. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de l’opération « Wibga » et vise à renforcer la sécurité routière dans cette localité frontalière.
Dès les premières heures de la matinée, les habitants de Niangoloko se sont réveillés sous la vigilance des agents de l’ONASER et des forces de police, mobilisés pour interpeller les usagers de la route et les sensibiliser sur l’importance du respect des règles de sécurité. Ainsi, motos, tricycles et véhicules ont été soumis à des contrôles accompagnés d’échanges pédagogiques avec les conducteurs. Selon les agents sensibilisateurs, cette mission conjointe s’inscrit avant tout dans une démarche préventive.
L’ONASER et la police sensibilisent les usagers de Niangoloko sur le port du casque et les comportements à risque
« Qui parle de prévention routière parle d’abord de sensibilisation », ont-ils rappelé, soulignant que l’objectif principal est de faire comprendre aux usagers les risques liés au non-respect des règles élémentaires de sécurité. Avant les « échanges éducatifs », une phase de contrôle a permis de dresser un constat préoccupant : une grande majorité des conducteurs circulaient sans casque, malgré les nombreuses campagnes médiatiques menées ces dernières années.
Les agents sensibilisateurs invitent les usagers interpellés au port du casque

« Nous sommes venus vérifier si le message diffusé à travers la télévision et la radio est entendu et appliqué. Malheureusement, nous avons constaté que ce n’est pas encore le cas », ont déploré les agents. Pour eux, le port du casque constitue une mesure simple mais essentielle pour réduire les conséquences graves des accidents de la route. Ils ont insisté sur les risques liés aux traumatismes crâniens et aux coûts élevés des soins médicaux, notamment les examens spécialisés comme le scanner. « Une simple négligence peut ainsi coûter la vie », a martelé un agent, appelant les usagers à adopter des comportements responsables.
Un usager de la route interpellé pour non-port de la ceinture de sécurité en circulation

L’opération « Wibga » au cœur de la mission
Le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, représentant du chef d’antenne ouest de l’ONASER, a expliqué que cette activité s’inscrit dans le cadre du prolongement de l’opération « Wibga », notamment son volet sécurité routière. Selon lui, la mobilité constitue une nécessité quotidienne, d’où l’importance de promouvoir des déplacements sécurisés. « Nous sommes sortis ce matin pour rappeler aux usagers les bons comportements à adopter en circulation, notamment le port du casque à moto », a-t-il indiqué. Il a précisé que la particularité de cette mission réside dans la méthode adoptée. « Au lieu de messages rapides, les équipes ont choisi de rassembler les usagers pour échanger longuement avec eux », a-t-il laissé entendre.
Le lieutenant de police Moctar Ouédraogo a expliqué que cette activité s’inscrit dans le cadre du prolongement de l’opération « Wibga »

Si les agents se sont dits satisfaits de l’écoute et de la disponibilité des usagers, le constat reste alarmant : sur près d’une centaine de personnes contrôlées, plus de 70 ne portaient pas de casque. « Cela n’est pas normal malgré les multiples campagnes de sensibilisation », a insisté le lieutenant Ouédraogo, estimant que beaucoup reste à faire pour changer les mentalités. Les équipes ont aussi dénoncé certains comportements à risque observés en ville, notamment des caravanes de motos occupant toute la chaussée lors d’événements sociaux comme des mariages. « La route est un espace à partager et ces manifestations ne doivent pas perturber la circulation des autres usagers », a-t-il rappelé.
Des usagers de la route ont été rassemblés pour une sensibilisation de masse

Des difficultés d’accès aux casques évoquées par les usagers
Le lieutenant de police Yacouba Bamba, représentant du commissariat du district de Niangoloko, s’est réjoui de la collaboration avec l’ONASER. Selon lui, cette synergie renforce les actions déjà menées par la police locale. « Leur appui va galvaniser la population à prendre la question du port du casque au sérieux », a-t-il déclaré. Il a reconnu que le respect du port du casque demeure insuffisant, appelant ainsi les populations à faire des efforts pour s’équiper malgré les contraintes financières. « S’approprier un casque, c’est d’abord assurer sa propre sécurité », a-t-il insisté.
Le lieutenant de police Yacouba Bamba, représentant du commissariat du district de Niangoloko, s’est réjoui de la collaboration avec l’ONASER

Du côté des usagers, certains ont exprimé leur adhésion au message tout en soulevant des préoccupations pratiques. Ousmane Soma, usager de la route, a évoqué la difficulté d’accès aux casques dans la ville et les villages environnants. « On nous dit que les casques sont subventionnés, mais on en trouve surtout à Banfora. Ici, il est difficile de s’en procurer et les prix chez les commerçants sont élevés », a-t-il déploré, souhaitant que des points de vente soient installés localement pour faciliter l’acquisition.
Des usagers de la route ont été rassemblés pour une sensibilisation de masse

Un autre usager, Soumaïla Traoré, arrêté lors du contrôle, a reconnu ses torts et salué l’initiative des autorités. « Rouler sans casque n’est pas bon. À partir d’aujourd’hui, je vais prendre mon casque avant de circuler », a-t-il promis, appelant les autres conducteurs à suivre cet exemple. À côté, il y a ces bons élèves qu’on retrouve également, jamais en circulation sans leur casque. C’est le cas de M. Traoré qui a reconnu les avantages de porter le casque lorsqu’on est en circulation. Ces exemples ont été félicités et encouragés pour les agents de l’ONASER.
Soumaïla Traoré, arrêté lors du contrôle, a reconnu ses torts et salué l’initiative des autorités

Une première phase avant des actions plus fermes
Pour les organisateurs, cette sortie constitue une première phase axée sur la sensibilisation. Toutefois, ils préviennent que d’autres interventions suivront, avec l’espoir d’observer un changement significatif dans les comportements. Les équipes ont invité les usagers à devenir des relais de sensibilisation au sein de leurs familles et de leurs quartiers afin d’amplifier l’impact des messages diffusés.
Les bons élèves ont été félicités et encouragés, notamment le couple Traoré

« L’habitude de ne pas porter le casque doit changer », ont-ils insisté. À travers cette opération, l’ONASER et la police du district de Niangoloko entendent contribuer à réduire les accidents de la route et leurs conséquences souvent dramatiques. Alors que la mobilité reste une nécessité quotidienne, les autorités rappellent que la sécurité dépend avant tout du respect des règles par chaque usager.
La photo de famille des agents sensibilisateurs

Romuald Dofini
Lefaso.net
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